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Poèmes en l'Her |
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Ode à mes maîtres du désespoirPosted at 10:57 on 8/1/2010
Ode à mes maître du désespoir La lumière qui nous guide Quand on s’enfonce dans le vide De ce chemin qui ne nous mène plus Qui nous emmène je ne sais où La lumière qui nous incite A remonter cette pente si rude Et qui nous tient par les deux bras Pour nous tirer jusqu’en bas La lumière qui nous délivre Du malheureux froid d’octobre Qui nous avait engourdi Le cœur, le corps et la mémoire La lumière aperçue de loin Qu’on espérait, qu’on attendait Quand on allait seul devant soi Et qu’on ne suivait plus ses pas La lumière qu’on attendait depuis Ce départ qui nous avait affaibli Qui nous ôtait tout notre cœur De notre corps enseveli Sous les décombres de la mémoire La lumière qui nous appelle Des tréfonds de notre détresse Quand on est perdu et qu’on ne voit plus Et que la vie ne nous aime plus La lumière qui enfin nous sourit Et qui nous attire et qui luit Qui nous fige et nous sublime Je ne la vois pas venir Depuis que je marche dans le soir Je broie mes idées toujours noires Je taille ce bloc de marbre Depuis des mois ou des années Mais la sculpture que je croyais modeler N’est qu’un bloc d’ennuis insensés Le bout de la grotte des souvenirs Qui me retiennent en arrière Et dont personne ne peut me défaire Je ne sais pas quand je le verrai Je suis si triste et cette tristesse Me colle à la peau Et je tourne le dos à ma raison Je grimpe à la portée de mes ratures Je ne suis plus en mon âme, je crois Où suis-je, s’il vous plaît ? Mes maîtres que j’ai suivis Que j’ai pensé pouvoir imiter, suivre Messieurs, mes seigneurs, j’ai la foi J’ai un aveu à vous faire : je n’y arrive pas J’ai pensé pouvoir la maîtriser Cette magie que vous m’aviez soudain confiée J’ai cru que j’allais être comme vous Mais, hélas ! Je ne suis qu’une admiratrice Et les admiratrices, surtout si elles sont poètes Ne vous suivent jamais jusques au bout J’ai honte et je me méprise Si vous pouviez abréger ma peine Que ne pourriez-vous pas vous empresser de le faire ? Je mélange toutes mes expressions, tous mes vers, et mes lignes sont monotones Tout comme mes jours, mes soleils sans sommeil Mes maîtres, je suis impuissante Je suis détruite et pourtant j’aime encore J’inquiète le monde, mais je n’aime pas ceux qui m’aiment Romantique ou Surréaliste ? "Où est ma place dans cette impasse", "mon silence fera taire la tempête et assagira le feuillage profond", puisque "j’ai dans les mains deux mains abandonnées", que je ne sais aimer… Vos lignes sont mes évangiles et grâce à vous, je crois Vos cœurs sont mes prêcheurs, qui m’apprennent à prier Ma religion, c’est vous, et si vous ne croyiez pas, O frères hérétiques et athées, ne vous indignez pas, laissez-moi m’en remettre à vous Parnassiens du Cénacle qui me soufflez les transcriptions des rêves de vos cœurs, que je sens battre en moi C’est ma poitrine, qui va faire éclater mon cœur en sanglots Mes maîtres, je souffre et je suis digne de vous Je suis vous, rien qu’un instant, et je me crois capable de vivre J’abandonne la mort qui aspirait mon pauvre coeur, "j’ai bien pensé à mettre fin à mes jours, mais par lequel commencer?", "Le seul bien qui me reste au monde, est d’avoir quelques fois pleuré"… "Il pleure, dans mon cœur" ! "Je suis née trop tard dans un monde déjà vieux" ! Mes maîtres, vos lignes recouvrent mon cœur, et elles sont l’épiderme de ma peau, et mes gènes et toutes les parties de mon corps, et les noyaux de mes cellules, et les protons de mes atomes, et chaque spore de mon parfum, et les mèches de mes cheveux, et ma trachée et mes artères, et mes jambes qui courent dans mes rêves, et je suis trafiquant d’armes et d’ivoire à seize ans, et je m’envole pour m’endormir, parce que, chers maîtres C’est en dormant que j’échappe à mes rêves Jane L'her <- Last Page | Next Page -> |
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